Bonjour. Cette décision s’inscrit dans la continuité de notre approche. Depuis toujours, Vigilance Santé suit de près les technologies émergentes afin d’anticiper les transformations qui touchent la pratique et les outils cliniques.
L’arrivée de l’intelligence artificielle a toutefois accéléré notre réflexion. Nous avons rapidement constaté qu’il s’agit d’un changement de fond, qui doit être compris, mis à l’épreuve et intégré avec rigueur. De plus, comme nos clients et partenaires s’y intéressent eux aussi fortement, il nous paraissait important d’avancer en cohérence avec notre écosystème, pour rester alignés sur les besoins du terrain.
L’IA change également la manière dont l’information peut être produite, structurée et utilisée. Or, notre valeur ajoutée repose sur la fiabilité de l’information clinique que nous mettons à la disposition des professionnels. Nous y voyons donc une occasion d’aller plus loin, et de faire évoluer nos solutions vers des outils encore mieux intégrés aux flux de travail et plus orientés vers l’aide à la décision.
C’est dans ce contexte que nous avons créé la direction de recherche et développement. Son mandat est double : d’une part, renforcer nos capacités internes et nos façons de développer nos produits; d’autre part, concevoir et faire évoluer des solutions enrichies par l’IA, toujours basées sur notre contenu validé par nos pharmaciens pour soutenir concrètement les professionnels de la santé. Cette orientation s’inscrit directement dans notre mission : faciliter l’excellence en gestion de la thérapie médicamenteuse pour tous les professionnels de la santé.
Oui, avec plaisir. Dans notre cas, la mission du service R et D s’articule autour de trois grands axes reliés au développement de produits.
Je dirais que la transition s’est faite assez graduellement. Au départ, on a mis en place un comité sur l’intelligence artificielle, en réunissant des personnes intéressées et des « champions » en interne. Ce comité nous a permis de lancer certaines initiatives et de commencer à explorer le potentiel de l’IA.
Assez rapidement, on s’est rendu compte que cette approche avait ses limites. Quelques heures par-ci par-là ne suffisaient pas pour opérer un changement aussi radical. On a donc décidé d’aller plus loin en créant un incubateur, dont le rôle était d’explorer concrètement des occasions et de valider notre capacité à livrer des projets en IA. Les résultats ont été concluants, et c’est à ce moment-là qu’on a choisi de faire évoluer l’incubateur en une véritable direction R et D, pour être à la hauteur de nos ambitions. Cette nouvelle direction ne se limite pas à l’exploration : elle a aussi le mandat de livrer des produits en collaboration avec nos équipes de développement.
Dans mon rôle précédent, celui de directeur de produit - données, j’étais déjà responsable du comité d’IA, puis de l’incubateur. La transition vers la direction de la R et D s’est donc faite de façon assez naturelle et logique.
Quant à l’influence de mon expérience en données sur mon approche en R et D, elle est centrale. Les outils d’intelligence artificielle apprennent à partir des données : ils s’en nourrissent pour générer des résultats, faire des prédictions et proposer des recommandations. Le fait de bien comprendre nos données internes, combiné à ma compréhension du contexte de la pharmacie, m’aide à mieux identifier les opportunités de nouveaux produits, autant que les leviers d’amélioration possibles.
Je vois donc la R et D comme un point de convergence naturel entre les données, l’IA, et les besoins réels du terrain.
Mon équipe réunit des collègues présentant deux profils complémentaires : d’un côté, des spécialistes en développement qui comptent plusieurs années d’expérience au sein de l’entreprise et qui se sont formés en intelligence artificielle; de l’autre, des nouveaux diplômés en programmation avec une spécialisation en IA.
De mon côté, j’apporte mon expertise en pharmacie et en données, ce qui nous aide à garder les projets bien ancrés dans la réalité du terrain et dans la qualité des intrants.
Enfin, nous travaillons en étroite collaboration avec les directions des divers produits de l’entreprise, afin de nous assurer que nos initiatives s’inscrivent dans les priorités, et qu’elles se traduisent concrètement en améliorations ou en nouvelles solutions.
Du côté des défis, il faut apprendre à composer avec les limites et les risques de l’IA générative. Les résultats ne sont pas toujours fiables, notamment à cause des hallucinations, ce qui exige des mécanismes de validation. Le défi, c’est donc de mettre ces outils entre les mains des professionnels de la santé tout en s’assurant que ce qui est proposé demeure robuste, traçable et digne de confiance.
Enfin, il y a l’enjeu de la confidentialité, qui est un incontournable. C’est un sujet sur lequel on travaille de manière très proactive et structurée. Concrètement, notre approche vise à mettre en place une infrastructure et des garde-fous qui nous permettent de garder le contrôle des données : s’assurer qu’elles ne sont pas utilisées pour entraîner des modèles commerciaux, qu’elles ne sortent pas du Canada, qu’elles sont protégées selon les meilleures pratiques, et que toutes les obligations légales en matière de protection des renseignements sont pleinement respectées. Autrement dit, l’innovation ne se fera pas au détriment de la sécurité : c’est une condition de base de notre démarche.
Ce qui fait notre force, c’est la grande confiance que tous les professionnels de la santé accordent à nos données et à notre contenu. Cette information a toujours été produite, et surtout validée, par des pharmaciennes ou pharmaciens, et c’est un principe que nous voulons préserver. Notre objectif n’est pas de remplacer l’expertise clinique humaine par de l’automatisation, mais bien de l’appuyer.
Concrètement, l’IA devient un levier pour accélérer certaines étapes de production et d’intégration du contenu, tout en maintenant une validation systématique par l’équipe de pharmacie. Elle nous aide donc à rendre l’information plus rapidement disponible dans nos outils et plus facilement accessible au quotidien.
Et au-delà du contenu, l’IA ouvre aussi la porte à de nouvelles fonctionnalités qui n’étaient pas possibles auparavant, toujours avec la même priorité : soutenir les professionnels de la santé avec une information fiable, contextualisée et utile.
Bien sûr. On peut prendre l’exemple classique de l’agent conversationnel. Aujourd’hui, tout le monde connaît des outils comme ChatGPT, Gemini ou Claude, qui permettent de poser des questions en langage naturel et d’obtenir une réponse. Le défi avec ces outils généralistes, c’est qu’ils peuvent se tromper et qu’ils ne sont pas nécessairement adaptés à notre contexte clinique spécialisé.
De notre côté, nous développons en ce moment un agent conversationnel qui répond aux questions en s’appuyant uniquement sur nos données et notre contenu. Il est aussi capable d’indiquer la source de l’information utilisée pour formuler sa réponse. Concrètement, une personne n’a plus à naviguer à travers plusieurs pages pour trouver ce qu’elle cherche : elle peut simplement poser sa question et obtenir l’information pertinente, plus rapidement.
Et ce n’est qu’une première étape. En combinant cette capacité avec les informations du dossier patient et les résultats fournis par notre moteur d’analyse, on ouvre la porte à des recommandations plus personnalisées et contextualisées. Avant l’IA générative, ce type d’expérience, qui est à la fois conversationnelle, rapide et ancrée dans une base de connaissances contrôlée, était auparavant beaucoup plus difficile à offrir.
Notre objectif, c’est vraiment d’enrichir nos solutions grâce à l’IA, de façon très concrète dans le quotidien des équipes de soins. L’agent conversationnel en est un bon exemple : il facilite l’accès à l’information et réduit le temps passé à chercher.
Un autre levier important, c’est l’amélioration de notre moteur d’analyse. Prenons les dossiers patients : ils contiennent souvent une grande quantité d’information sous forme de notes en texte libre. Jusqu’à maintenant, ces notes n'étaient pas exploitées par notre moteur d’analyse, tout simplement parce qu’elles étaient difficiles à interpréter automatiquement. Avec l’IA, on pourra mieux comprendre et structurer ce type d’information pour l’intégrer à nos analyses.
Résultat : les recommandations seront plus pertinentes, plus complètes et surtout mieux contextualisées à chaque situation clinique, parce qu’on pourra aller chercher plus loin dans les données du dossier patient.
On travaillera sur les deux fronts : l’amélioration et le développement.
On a en effet de nombreuses idées pour utiliser l’IA pour enrichir nos solutions existantes, par exemple l’agent conversationnel dans RxVigilance, le perfectionnement de l’analyse dans notre moteur, ou l’ajout d’un outil de transcription dans RxConsultAction.
Par ailleurs, on a aussi des idées pour de nouveaux produits, comme des outils pour lire une ordonnance et en faire la saisie automatisée dans un dossier patient, pour détecter des changements entre l’ordonnance et le dossier patient, ou pour détecter des problèmes sur une ordonnance et proposer des interventions préremplies, entre autres.
Oui, absolument. D’abord, on veut se doter d’un comité aviseur en innovation, composé de pharmaciens, de médecins, d’infirmières et d’acteurs du milieu. L’objectif, c’est de rester ancrés dans les besoins concrets du terrain : vérifier qu’on travaille sur des problématiques appropriées, puis s’assurer que ce qu’on développe répond réellement aux enjeux soulevés.
Ensuite, il y a tout l’aspect des pilotes et des tests. Dans le passé, on pouvait faire de nombreuses validations en interne. Avec l’IA, ce qu’on peut faire en interne est moins représentatif, parce que la performance et la valeur d’un outil se révèlent vraiment dans des contextes d’utilisation réels. On a donc besoin de rétroaction externe, notamment de pharmaciens, de médecins et d’infirmières, pour confirmer que nos solutions sont pertinentes, fiables et bien intégrées à la pratique quotidienne.
Il est certain qu’on veut se doter de métriques, comme je le mentionnais plus tôt, pour suivre la performance de nos applications en temps réel. Mais au-delà des indicateurs techniques, il faut aussi aller chercher de la rétroaction sur le terrain : comprendre ce que les équipes retirent concrètement de nos outils, et en quoi ils font une différence.
En résumé, on a besoin de données et de mesures pour s’assurer que l’outil fonctionne bien, qu’il demeure stable et fiable dans le temps, et ça, on ne peut pas le faire sans s’appuyer sur des données d’utilisation réelles.
Ensuite, il y a l’impact clinique et opérationnel. On veut s’assurer que nos solutions aident vraiment les équipes de soins, que ce soit en réduisant le temps consacré à certaines tâches, en améliorant la qualité de l'analyse ou en facilitant la prise de décision.
La façon exacte de le mesurer dépendra des projets, mais c’est un objectif clair : développer des outils dont la valeur se constate autant dans les indicateurs que dans l’expérience du terrain.
En ce qui concerne les projets concrets, on a vraiment en tête de simplifier et de faciliter l’excellence de la gestion de la thérapie médicamenteuse pour les professionnels de la santé.
Cela dit, se projeter dans un avenir trop rapproché serait irréaliste dans notre contexte. Les technologies émergentes évoluent rapidement, de même que les besoins du marché et les environnements de pratique.
Notre priorité, c’est donc autant la direction que la destination : rester agiles, ajuster notre stratégie de développement en continu, et livrer des améliorations concrètes dans des cycles courts. Pour avancer plus vite, notre approche consiste à explorer différentes avenues, à faire des prototypes rapidement, et à valider sur le terrain aussitôt que possible. C’est d’ailleurs ce qu’on a commencé à faire depuis la mise en place de la direction R et D.
Prenons l’exemple de la pharmacie. Depuis quelques années, on observe un élargissement important du champ de pratique, mais en parallèle, il y a une pénurie de personnel et une pression opérationnelle grandissante. Nous voulons donc développer des solutions qui permettent de réaliser plus facilement, et selon les plus hauts standards, l’ensemble des actes cliniques que ces professionnels sont maintenant autorisés à faire.
En même temps, on souhaite aussi optimiser l’efficacité opérationnelle en pharmacie.
Voici un projet concret. On a récemment amorcé la conception d’un prototype qui vise à automatiser la saisie et la validation des ordonnances en pharmacie. Ces tâches sont répétitives, à haut volume, et souvent à faible valeur ajoutée, en plus d’être une source d’erreurs quand il y a de la transcription manuelle. Pour nous, ce n’est donc pas seulement une occasion d’améliorer la productivité; ça peut aussi fiabiliser l’information.
L’ordonnance est souvent le point de départ de l’activité clinique. S'il est possible de l’analyser avant même sa saisie dans le logiciel, on peut détecter des enjeux plus tôt, faire une analyse plus pertinente, signaler automatiquement certains changements de médicaments, et même simplifier la documentation et la facturation des services cliniques.
Finalement, on veut que le pharmacien passe moins de temps à faire du travail administratif et plus de temps avec la personne sous ses soins. Ce n’est qu’un projet parmi d’autres, mais il illustre bien notre logique de développement : tester rapidement, apprendre vite, et concentrer nos efforts là où l’impact est réel sur la pratique quotidienne des professionnels de la santé.
Dans cinq ans, si on a contribué à transformer concrètement la façon dont on travaille en pharmacie, en réduisant le fardeau opérationnel et en renforçant la qualité des décisions cliniques, nous pourrons considérer qu’on a atteint notre objectif.
Et ce que je veux dire par là, c’est qu’on aura permis aux équipes de pharmacie de réaliser avec fluidité l’ensemble de leurs actes, notamment avec l’élargissement de leur champ de pratique, sans se sentir surchargés.
Et pour y arriver, ça va passer par de nouveaux produits et de nouvelles solutions, mais aussi par l’ajout de fonctionnalités clés dans nos solutions existantes, pour alléger le quotidien, améliorer les flux de travail et soutenir la pratique clinique.
Je crois que je mentionnerais que les professionnels de la santé n’auront pas le choix de prendre le virage de l’IA et des nouvelles technologies. Mais j’aimerais les rassurer et leur dire que les solutions que développe Vigilance Santé seront au rendez-vous pour les accompagner de façon responsable, pratique, et utile au quotidien.
De plus, nous sommes toujours à la recherche de pharmaciennes et de pharmaciens qui aimeraient mettre à l'épreuve de nouvelles solutions et qui sont à l’aise de donner leur avis, afin de participer à des pilotes, des tests, ou autres.
Je vais terminer avec un point « ressources humaines ». Comme notre équipe est toute jeune, nous cherchons des développeuses ou des développeurs spécialisés en IA; nous sommes toujours ouverts à rencontrer des personnes qui partagent la même passion que nous.
Dans tous les cas, vous pouvez toujours communiquer avec nous pour des questions ou pour en savoir davantage sur nos projets.
Ça m’a fait grand plaisir! J’espère que nous aurons bientôt l’occasion de discuter des projets que nous aurons menés à terme.
Directeur R et D | Pharmacien
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